Génération Z : Les nouveaux codes pour la ramener dans les salles obscures

Entre TikTok, Netflix et YouTube, la génération Z a de quoi occuper ses soirées sans bouger de son canapé. Alors, comment convaincre les 12-28 ans de revenir dans les salles de cinéma ? Face à une fréquentation en baisse, les professionnels du secteur cherchent à réinventer l’expérience cinématographique pour séduire ce public ultra-connecté, exigeant et avide de sens.
Une sortie, oui… mais un moment à partager
Aller au cinéma n’est plus une évidence. Pour la Gen Z, tout doit être vécu et partagé. Le film ne suffit plus, il faut que la séance devienne un événement. Certaines salles l’ont compris : soirées thématiques, marathons de sagas cultes, projections costumées ou karaokés autour de comédies musicales attirent de plus en plus de jeunes.

Des espaces « instagrammables » dans les halls ou des animations avec des influenceurs complètent souvent le tableau. Car aujourd’hui, ce qui n’est pas publié sur les réseaux… n’a (presque) pas existé.
Diversité, représentations, engagement : la Gen Z est attentive à ce qu’elle voit à l’écran. Les films qui rencontrent un véritable écho sont ceux qui parlent de santé mentale, d’écologie, de justice sociale ou d’identité. Des thématiques longtemps marginalisées dans le cinéma grand public, mais désormais centrales pour les jeunes spectateurs.
Les formats évoluent aussi : adaptations de contenus viraux, web-séries portées au grand écran, voire récits non linéaires qui flirtent avec les codes du jeu vidéo.

Pourquoi payer pour voir un film qu’on pourrait regarder chez soi ? Pour offrir un vrai « plus », les salles misent sur des expériences immersives : son spatial, réalité virtuelle, sièges dynamiques, ou interactions via une application mobile. À l’image de certains concerts ou festivals, les séances deviennent ludiques, parfois personnalisables, avec des contenus à débloquer ou des votes en temps réel.
Même la billetterie évolue : certains cinémas testent des abonnements à la carte ou des avantages gamifiés — allant jusqu’aux NFTs liés à certaines séances
Autre point de friction : le prix et la rigidité des horaires. La Gen Z, habituée aux services à la demande, privilégie les options flexibles. Certains réseaux de salles expérimentent des projections « à la demande », où les spectateurs choisissent ensemble le film à l’affiche. D’autres misent sur des tarifs jeunes dynamiques ou des réductions ponctuelles en partenariat avec des marques ou des créateurs de contenu.

Enfin, il serait risqué d’ignorer les valeurs de cette génération. Sensible aux questions environnementales et sociales, la Gen Z attend aussi des cinémas qu’ils s’engagent : recyclage, circuits courts au comptoir, programmation indépendante ou responsable, transparence dans les pratiques commerciales…
Redonner au cinéma sa place dans la culture des jeunes
Face à cette génération qui ne consomme plus les images comme ses aînés, le cinéma n’a pas dit son dernier mot. Mais pour retrouver son attractivité, il doit devenir un lieu d’expérience, d’émotion, et d’engagement. En somme : un espace vivant, qui parle le langage des jeunes et les invite à le réinvestir.
